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Chinchón : les règles du rami espagnol à 40 cartes

Chinchón : les règles du rami espagnol à 40 cartes

Le chinchón est un jeu de cartes espagnol qui se joue avec 40 cartes : chaque joueur combine ses sept cartes en suites et en groupes avant ses adversaires, puis ferme la manche à cinq points. Savoir jouer au chinchón tient en deux gestes, piocher une carte puis s'en défausser une.

Le chinchón en quatre repères

  • Un jeu de cartes espagnol de 40 cartes, de deux à huit joueurs, sept cartes en main.
  • Le but du jeu : former des suites de la même couleur et des groupes de même valeur.
  • La distribution des cartes donne sept cartes à chacun ; le reste forme le talon.
  • Au-delà de 100 points cumulés, le joueur est éliminé et la partie continue sans lui.

Avant de jouer, trois règles du jeu suffisent à mener une partie complète : la distribution des cartes, la valeur de chaque carte en points et la condition de fermeture. Le chinchón appartient à la famille des rummy, celle qui a donné le rami français et les nombreuses versions régionales du rami. On y retrouve le geste de base et la course à la combinaison, mais le matériel, le nombre de cartes en main et la fin de la partie changent.

Un jeu de cartes venu d'Espagne

Le chinchón se joue avec la baraja española, un jeu de cartes classique de 40 cartes réparties en quatre couleurs : oros (deniers), copas (coupes), espadas (épées) et bastos (bâtons). Chaque couleur compte l'as, les cartes numérotées de 2 à 7, puis trois figures : la sota (valet), le caballo (cavalier) et le rey (roi). Il n'y a ni 8, ni 9, ni 10, ni dame, ce qui explique le total de quarante cartes.

Son histoire est mal documentée : on le rattache à la vague de jeux de type rummy apparue au début du XXe siècle, sans qu'une date d'invention soit établie. La version espagnole est devenue populaire en Espagne et dans une grande partie de l'Amérique latine, notamment en Argentine et en Uruguay, où elle se joue en famille comme entre amis. Hors d'Espagne, personne n'est tenu pourtant à posséder un jeu espagnol : un paquet de cartes français de 52 cartes convient très bien, à condition d'en retirer les 8, les 9 et les 10. Il reste alors dix valeurs par couleur, soit exactement le même nombre de cartes qu'une baraja.

Le chinchón se pratique de deux à huit joueurs, mais il donne le meilleur de lui-même entre deux et quatre. À deux, la partie devient un duel de lecture où chaque défausse renseigne l'adversaire ; à quatre ou plus, le talon s'épuise vite et les manches s'enchaînent.

Comment se déroule une manche ?

Le joueur qui distribue donne sept cartes à chacun, une par une, puis pose le reste du paquet au centre, face cachée : c'est le talon. La carte suivante est retournée à côté du talon et ouvre la défausse. Le joueur placé à la gauche du donneur commence, et le tour de jeu avance dans le sens des aiguilles d'une montre.

Un tour se résume à deux gestes, toujours dans cet ordre :

  1. Piocher une carte, soit le dessus du talon, soit la carte visible au sommet de la défausse.
  2. Se défausser d'une carte de sa main, face visible, sur la pile de défausse.

La main reste donc toujours à sept cartes entre deux tours. Prendre la carte visible renseigne les autres joueurs sur la combinaison que l'on cherche à former, alors que piocher au talon ne dit rien : ce choix est le premier élément de stratégie du chinchón. La même prudence vaut pour ce que l'on jette, puisque le joueur suivant peut ramasser immédiatement la carte que l'on vient de poser.

Quand le talon est épuisé, on retourne la pile de défausse pour en former un nouveau, en laissant la dernière carte jouée sur la table. La manche se termine dès qu'un joueur ferme.

Combinaisons et valeur des cartes

Deux types de combinaisons sont acceptés, et une carte ne peut appartenir qu'à une seule d'entre elles :

  • L'escalera : au moins trois cartes qui se suivent dans la même couleur, par exemple le 5, le 6 et le 7 d'épées.
  • Le grupo (ou terna) : trois ou quatre cartes de même valeur et de couleurs différentes, comme trois rois.

Beaucoup de tables ajoutent deux jokers au paquet. Le joker remplace alors n'importe quelle carte dans une combinaison, mais il coûte cher s'il reste en main au moment du décompte. Une variante fréquente interdit de le conserver dans une escalera à l'extrémité de la suite, afin d'éviter les fermetures trop faciles.

Les cartes qui ne sont entrées dans aucune combinaison rapportent des points de pénalité. Le barème est simple et se retient en une lecture :

Carte Points comptés en main
As1 point
2 à 7Leur valeur faciale, de 2 à 7
Sota, caballo, rey10 points chacune
Joker25 points selon la règle la plus courante

Ce barème diffère nettement de celui du rami français, où les figures et l'as n'ont pas toujours la même valeur selon les tables. Si vous passez d'un jeu à l'autre, la page consacrée au comptage des points au rami évite les confusions de décompte en fin de manche.

Fermer la manche à cinq points

Un joueur peut fermer lorsque, après s'être défaussé, la somme des cartes non combinées qu'il conserve ne dépasse pas cinq points. Il annonce la fermeture, étale ses combinaisons face visible et montre le reliquat. Les autres joueurs posent à leur tour ce qu'ils ont pu former et additionnent les cartes restées en main : ce total s'ajoute à leur score cumulé.

L'objectif étant de garder un total bas, la stratégie consiste à se débarrasser tôt des figures, qui pèsent chacune 10 points, et à ne conserver que des cartes basses susceptibles d'être combinées. Deux situations sortent du lot et changent la physionomie de la partie :

  • Fermer en seco, c'est-à-dire sans aucune carte non combinée : le joueur retranche généralement 10 points de son total.
  • Réaliser un chinchón : les sept cartes forment une seule suite de la même couleur. Selon la table, cette main donne la victoire immédiate ou vaut 25 points en moins. Le nom du jeu vient de cette combinaison.

Le chinchón se joue en plusieurs manches et non en une seule donne. Dès qu'un joueur dépasse 100 points, il est éliminé de la partie. D'autres seuils circulent, de 50 points pour une partie courte à 120 pour une soirée entière : la condition se fixe avant la distribution, jamais en cours de route. Une règle souvent ajoutée autorise un joueur éliminé à revenir une seule fois, en reprenant le score du plus mauvais joueur encore en lice. La partie se termine quand il ne reste qu'un joueur non éliminé.

Chinchón, rami et gin rummy : trois cousins à ne pas confondre

Les trois jeux partagent la pioche, la défausse et la course aux combinaisons, mais leurs réglages diffèrent assez pour qu'un joueur habitué à l'un se sente déplacé sur l'autre.

  Chinchón Rami classique Gin rummy
Cartes 40 104 plus jokers 52
En main 7 cartes 14 cartes 10 cartes
Joueurs 2 à 8 2 à 5 2
Fin de manche Fermeture à 5 points au plus Main entièrement posée Knock à 10 points au plus

La différence la plus sensible tient au rythme. Sept cartes en main, cela signifie des manches courtes, un classement qui bouge sans arrêt et des éliminations qui arrivent vite. Le gin rami et son mécanisme de knock offre une tension comparable à deux joueurs, tandis que le rami classique installe des parties plus longues. D'autres cousins, du rummy 500 au okey turc, complètent cette famille : le comparatif des jeux de cartes proches du rami aide à choisir selon le nombre de participants.

Jouer au chinchón en ligne ou en application

Le chinchón se joue aussi en ligne, en solitaire contre l'ordinateur ou en multijoueur. Plusieurs applications gratuites sont disponibles sur Google Play et sur l'App Store, et des sites de jeux proposent des tables ouvertes sans connexion obligatoire. Les plateformes hispanophones sont les mieux fournies, puisque le jeu y reste un classique au même titre que la belote en France.

Une précaution s'impose avant la première partie : chaque plateforme fige ses propres règles. Le seuil d'élimination, la présence des jokers, la valeur du chinchón et la possibilité de racheter une vie varient d'une application à l'autre, et ces conditions sont rarement rappelées en cours de jeu. Les consulter dans l'aide avant de se lancer évite de découvrir un décompte inattendu à la fin de la manche.

Les versions en ligne ajoutent en général un classement et des tournois, avec un score qui suit le joueur d'une session à l'autre. Pour s'entraîner à la fermeture rapide, le mode solitaire reste le plus efficace : on y répète les mêmes décisions de pioche sans pression, jusqu'à ce que le calcul des cinq points devienne automatique.

Questions fréquentes sur le chinchón

Quelles cartes faut-il pour jouer au chinchón ?
Une baraja española de 40 cartes, ou un jeu français de 52 cartes dont on a retiré les 8, les 9 et les 10. Deux jokers peuvent être ajoutés selon la variante retenue.

Quel est l'objectif du jeu ?
Combiner ses sept cartes en suites de même couleur et en groupes de même valeur, afin de fermer la manche avec au plus cinq points de cartes isolées et de garder le total le plus bas possible.

Combien de joueurs peuvent participer ?
De deux à huit, avec un confort de jeu optimal entre deux et quatre joueurs. Au-delà de six, le talon s'épuise rapidement et doit être reconstitué plusieurs fois par manche.

Comment se termine une partie de chinchón ?
Elle se termine lorsqu'il ne reste qu'un joueur sous le seuil d'élimination, fixé le plus souvent à 100 points. Un chinchón, c'est-à-dire sept cartes en une seule suite de la même couleur, peut aussi donner la victoire immédiate quand la table applique cette règle.

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