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Le buraco : comment jouer au jeu de cartes par équipes venu du Brésil

Le buraco : comment jouer au jeu de cartes par équipes venu du Brésil

Le buraco est un jeu de cartes brésilien qui se joue à quatre, par paires, avec deux jeux de 52 cartes et quatre jokers. Chaque joueur reçoit onze cartes, pioche à son tour puis se défausse, et forme des séquences jusqu'à la canasta, cette combinaison de sept cartes qui rapporte le plus de points.

Les morts : deux paquets de onze cartes à récupérer

  • On joue avec deux jeux de 52 cartes et quatre jokers : onze cartes en main, le reste au talon et à la pile de défausse.
  • Deux paquets de onze cartes attendent sur la table, les morts, que chaque camp récupère une fois sa main vidée.
  • Une canasta réunit sept cartes au minimum, en séquence et dans la même couleur.
  • La manche s'arrête lorsqu'un joueur sort ; l'objectif reste le total de points fixé au début de la partie.

Un jeu de cartes par équipes venu d'Amérique du Sud

Les règles du buraco descendent de celles de la canasta et des jeux de pioche et de défausse. Ce jeu de cartes est apparu en Amérique du Sud au milieu du XXe siècle, puis s'est répandu au Brésil, où le mot désigne un trou : les deux paquets mis en réserve sur la table, les morts, y creusent une sorte de vide que chaque camp finira par combler. Le jeu s'est ensuite installé en Italie sous le nom de burraco, avec ses propres règles, et il se pratique aujourd'hui dans le monde entier, aussi bien autour d'une table que sur les plateformes de buraco en ligne.

La table réunit quatre joueurs, répartis en deux équipes de deux. Les partenaires s'assoient face à face et jouent en alternance avec leurs adversaires, dans le sens des aiguilles d'une montre. Le but du jeu est simple à énoncer : se débarrasser de toutes ses cartes après avoir constitué au moins une canasta, et marquer plus de points que l'équipe adverse. Si vous connaissez déjà le déroulement d'une partie de rami classique, l'essentiel vous sera familier ; ce sont les morts et la notion d'équipe qui changent tout.

Le buraco se joue aussi à deux, chaque joueur formant alors sa propre équipe, avec un mort chacun. La version à quatre reste la plus répandue, parce que la coordination entre partenaires fait une grande partie de l'intérêt du jeu.

Le matériel et la distribution des cartes

On joue avec deux jeux de 52 cartes complets, jokers compris, soit 108 cartes. Aucune carte n'est retirée. La couleur compte : au buraco brésilien, une combinaison se construit à partir de cartes de la même couleur, ce qui n'est pas le cas dans toutes les variantes du rami.

La mise en place suit toujours le même ordre :

  • Le donneur distribue onze cartes à chaque joueur, une par une.
  • Il forme ensuite deux paquets de onze cartes, posés face cachée sur le côté de la zone de jeu : ce sont les morts.
  • Le reste des cartes constitue le talon, face cachée au centre.
  • Une carte du talon est retournée face visible à côté : elle ouvre la pile de défausse.

Le premier joueur est celui placé à gauche du donneur. Chaque main de départ compte donc onze cartes, et chaque équipe dispose quelque part sur la table d'une seconde main de onze cartes qu'elle récupérera plus tard. C'est cette réserve qui donne au buraco son rythme particulier : une partie ne se termine jamais dès que la première main est vidée.

Comment se déroule un tour de jeu ?

À son tour, le joueur enchaîne trois actions dans cet ordre : il prend des cartes, il pose s'il le peut, puis il se défausse d'une carte. Tant qu'il n'a pas défaussé, le tour ne passe pas au joueur suivant.

Piocher une carte ou prendre la pile de défausse

Deux possibilités s'offrent au joueur. La première consiste à piocher une carte du talon, aussi appelé la pioche ou le puits, sans la montrer. La seconde, bien plus lourde de conséquences, consiste à prendre toute la pile de défausse : non pas une carte du paquet, mais l'ensemble des cartes accumulées, parfois vingt ou trente. Il n'existe pas de condition d'ouverture particulière pour cela au buraco, contrairement à d'autres jeux de cartes de la même famille, mais il faut ensuite pouvoir utiliser ce que l'on ramasse.

Prendre la pile de défausse gonfle la main, donc le risque : chaque carte restante en fin de partie sera déduite du score de l'équipe. La décision se prend en regardant la carte face visible du dessus et le nombre de cartes que l'on saura placer.

Poser ses combinaisons sur la zone de jeu

Le joueur peut ensuite créer une nouvelle combinaison, ou ajouter une ou plusieurs cartes à celles que son équipe a déjà posées. Les combinaisons appartiennent à l'équipe, pas au joueur : les deux partenaires alimentent les mêmes séries, et c'est là que se joue l'essentiel de la stratégie. Rien n'oblige à poser : garder des cartes en main permet parfois de préparer une canasta propre plutôt que de la salir tout de suite.

Se défausser pour clore son tour

Le tour se termine par une carte placée face visible sur la pile de défausse. Cette carte est offerte à l'adversaire, qui pourra ramasser toute la pile au prochain tour : on évite donc de défausser une carte dont on sait qu'elle complète une série adverse. Un joueur qui vient de poser sa dernière carte en main sans défausser n'a pas terminé : la sortie obéit à des conditions précises, détaillées plus bas.

Les combinaisons : séquences, jokers et canastas

Au buraco brésilien, une combinaison est une séquence d'au moins trois cartes qui se suivent dans la même couleur, par exemple le 5, le 6 et le 7 de cœur. L'as se place avant le 2 ou après le roi, mais une séquence ne fait jamais le tour du jeu en passant du roi au 2. Le burraco italien accepte en plus les groupes de cartes de même valeur, comme trois dames : c'est l'une des différences à vérifier avant de commencer une partie.

Deux types de cartes remplacent n'importe quelle carte manquante : les quatre jokers, et les 2, appelés pinella ou pinelle. Un 2 utilisé à sa valeur naturelle dans une séquence de sa propre couleur, par exemple dans as, 2, 3 de pique, reste une carte normale. Le même 2 placé ailleurs devient un joker. Une combinaison ne peut contenir qu'une seule carte de remplacement à la fois, et le joker doit occuper une position cohérente dans la série. Le rôle de ces cartes est très proche de celui que joue le joker dans une partie de rami.

Dès qu'une combinaison atteint sept cartes, elle devient une canasta, le terme brésilien étant aussi bien buraco. Une canasta propre, dite aussi pure, ne contient aucun joker ni aucune pinella. Une canasta sale, ou impure, en contient une. Une canasta impure peut être nettoyée : si le joueur ajoute la carte naturelle qui manquait et déplace le joker à une extrémité de la séquence, la canasta devient propre et change de valeur. Les joueurs expérimentés construisent presque toujours leurs séries en gardant cette conversion en tête.

Le mort, la seconde main de chaque équipe

Quand un joueur a posé ou défaussé toutes les cartes de sa main, il ne sort pas : il prend l'un des deux morts et continue de jouer immédiatement avec ces onze nouvelles cartes. Chaque équipe ne dispose que d'un mort, et le premier joueur qui vide sa main le prend pour son camp. Son partenaire, lui, terminera la partie avec les seules cartes qu'il a en main.

Cette règle explique la prudence de beaucoup de joueurs : vider sa main trop tôt prive son équipe d'un temps de préparation, tandis que laisser l'adversaire prendre son mort le premier lui donne onze cartes fraîches et un tour d'avance. Tant qu'une équipe n'a pas récupéré son mort, elle ne peut pas terminer la partie, quelles que soient ses canastas posées.

Comment marquer des points au buraco ?

Le décompte additionne les primes de combinaisons et la valeur des cartes posées, puis retranche les cartes restées en main. Chaque carte vaut un nombre de points fixe, sans rapport avec sa couleur.

Cartes Valeur
Joker20 points
As15 points
2 (pinella)10 points
Roi, dame, valet, 10, 9, 810 points
7, 6, 5, 4, 35 points

Les primes s'ajoutent à ce total : une canasta propre vaut 200 points, une canasta sale 100 points. L'équipe qui sort en premier reçoit également une prime de sortie de 100 points. À l'inverse, chaque carte encore en main à la fin de la manche est déduite, et une équipe qui n'a pas pris son mort subit une pénalité sur son score, fixée par le règlement retenu. Le comptage suit la même logique que le barème de points du rami, avec des primes plus généreuses.

Une partie se joue en plusieurs manches et s'arrête lorsqu'un camp atteint le total convenu au départ, souvent 3 000 points. Le classement final se lit donc sur le cumul des manches, et non sur une seule donne : une manche perdue de peu ne condamne rien, et un minimum de trois manches suffit rarement à départager deux tables d'expérience comparable.

Comment se termine une partie de buraco ?

La fin de la partie obéit à trois conditions cumulées pour l'équipe qui veut sortir :

  1. son mort doit avoir été pris par l'un des deux joueurs ;
  2. l'équipe doit avoir posé au moins une canasta, propre ou sale selon la variante retenue ;
  3. le joueur qui sort doit se débarrasser de sa dernière carte, en la posant ou en la défaussant.

Dès que ces conditions sont réunies, la manche se termine immédiatement, même si l'adversaire a de belles séries en cours. Les deux équipes comptent alors leurs points, et une nouvelle donne commence. Il existe un autre cas de fin, plus rare : si le talon est épuisé et qu'aucun joueur ne peut ni piocher une carte ni continuer, la manche s'arrête et le décompte a lieu dans les mêmes conditions.

Variantes du buraco et parties en ligne

Plusieurs familles de règles circulent sous des noms voisins. Les plateformes distinguent couramment le mode ouvert et le mode fermé, ainsi que le mode ouvert sale et son pendant exigeant : selon le mode retenu, les morts sont visibles ou non, et la sortie réclame une canasta pure ou se contente d'une canasta impure. Le buraco fechado impose les conditions les plus strictes. Le burraco italien, lui, modifie les combinaisons admises et une partie du barème. Aucune de ces versions n'est plus légitime que les autres : il importe seulement que les quatre joueurs jouent avec le même règlement, celui affiché par la table ou par l'application.

Les sites de jeu en ligne appliquent automatiquement les règles annoncées dans leur aide, ce qui évite les désaccords sur la prise de la pile de défausse ou sur le nettoyage d'une canasta. Hors ligne, mieux vaut trancher ces deux points avant la première carte distribuée. Le buraco n'est pas le seul jeu de la famille à se jouer par équipes : la comparaison entre la canasta et le rami éclaire les mécanismes communs, et notre panorama des versions du rami pratiquées selon les pays replace le buraco parmi ses cousins.

Questions fréquentes sur les règles du buraco

Combien faut-il de joueurs pour jouer au buraco ?

Quatre joueurs, répartis en deux équipes de deux, forment la configuration de référence. Le jeu se pratique aussi à deux, chacun jouant pour lui avec son propre mort, et certaines tables acceptent six joueurs en trois équipes, avec trois morts.

Peut-on poser un brelan au buraco ?

Au buraco brésilien, non : seules les séquences de cartes de même couleur sont valables. Le burraco italien accepte en revanche les groupes de cartes de même valeur, ce qui rapproche cette variante du rami classique.

Que se passe-t-il si un joueur prend toute la pile de défausse ?

Il ajoute l'ensemble de ces cartes à sa main et poursuit son tour normalement : il peut poser, puis il doit défausser une carte. Rien ne l'oblige à utiliser immédiatement ce qu'il vient de ramasser, mais chaque carte conservée jusqu'à la fin de la manche sera déduite du score de son équipe.

Quelle est la différence entre une canasta propre et une canasta sale ?

Une canasta propre réunit sept cartes ou plus sans aucun joker ni pinella et vaut 200 points. Une canasta sale contient une carte de remplacement et vaut 100 points. Ajouter la carte naturelle manquante et déplacer le joker à l'extrémité de la séquence transforme la seconde en première.

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