L'histoire du rami remonte à la fin du XIXe siècle, avec un ancêtre commun documenté au Mexique : c'est de ce jeu, appelé Conquian, que descendent aujourd'hui le rami classique, le gin rami et l'ensemble de la famille des jeux de cartes fondés sur la formation de combinaisons.
Les origines mexicaines du jeu
Le Conquian (parfois orthographié Coon Can, ou « Con Quién ») est le plus ancien ancêtre occidental documenté de la famille des jeux de rami. Sa première description écrite connue date de 1887, dans l'ouvrage The Standard Hoyle, sous le nom de Coon Can ; il est décrit plus en détail dix ans plus tard, en 1897, dans le Hoyle de R. F. Foster, qui le présente comme très populaire au Mexique et dans les États américains frontaliers, notamment le Texas. Le jeu se pratiquait avec un jeu de cartes espagnol de quarante cartes et reposait déjà sur le principe qui définira toutes les variantes futures : piocher et défausser pour former des combinaisons et se débarrasser de sa main avant l'adversaire.
L'origine du mot « rami » elle-même est incertaine, mais l'hypothèse la plus répandue relie le terme anglais rummy, apparu dans les années 1900, au mot rum, un ancien argot signifiant « bizarre » ou « impair » : une allusion au but du jeu, qui consiste précisément à se débarrasser des cartes impaires, c'est-à-dire celles qui ne s'intègrent à aucune combinaison.
Une seconde piste : une origine chinoise
L'origine mexicaine n'est pas la seule piste avancée par les historiens du jeu. Une seconde hypothèse fait remonter la famille du rami au Khanhoo, un jeu de cartes chinois de la fin de la dynastie Ming, lui aussi fondé sur le principe de piocher et défausser pour former des combinaisons, et appartenant à la même famille que le mahjong. Le jeu a été transmis en Occident dans les années 1890 par William Henry Wilkinson, un consul britannique en poste en Chine, qui en a fait publier les règles en Angleterre en adaptant les couleurs des cartes chinoises aux couleurs françaises. L'historien des jeux David Parlett a proposé de réconcilier les deux pistes, mexicaine et chinoise, en avançant que le Conquian pourrait être l'équivalent occidental du Khanhoo plutôt qu'une invention indépendante.
La diffusion aux États-Unis puis en Europe
Du Mexique, le jeu remonte vers les États-Unis au début du XXe siècle et s'y diffuse rapidement dans les cercles de joueurs sous le nom de Rummy. Le rami tel qu'on le connaît aujourd'hui en Europe se développe surtout entre 1920 et 1940. C'est dans ce contexte qu'apparaissent des variantes plus élaborées, dont le gin rami, inventé en 1909 à Brooklyn par Elwood T. Baker et son fils. Cette variante à deux joueurs gagne en popularité dans les clubs et les familles de la côte Est américaine avant de traverser l'Atlantique. Le gin rami produira d'ailleurs, des décennies plus tard, l'un des joueurs les plus marquants de l'histoire du jeu : Stu Ungar, qui remporte son premier tournoi à dix ans et devient si dominant qu'une célèbre partie de Hollywood Gin, remportée 86 manches à zéro face à Harry « Yonkie » Stein à la fin des années 1970, a durablement fait fuir les autres joueurs des tables de gin rami à Las Vegas.
L'installation du rami en France et dans le monde arabe
En France et dans le monde arabe, le rami s'installe solidement dans les habitudes de jeu à partir des années 1940 et 1950. Le rami 51, qui impose un seuil minimum de points pour poser sa première combinaison, devient la variante de référence dans les foyers français. En Afrique du Nord, des règles locales donnent naissance au rami marocain, qui intègre des mécaniques spécifiques sur le joker et les séquences. Ces variantes régionales coexistent aujourd'hui avec les versions plus standardisées jouées à l'échelle internationale, toutes héritières du même principe fondateur posé par le Conquian plus d'un siècle plus tôt.
Le rami aujourd'hui
Le rami reste l'un des jeux de cartes les plus répandus au monde, pratiqué aussi bien en famille qu'en club ou en tournoi. L'essor du jeu en ligne depuis les années 2010 lui a donné une nouvelle jeunesse, avec des plateformes qui permettent de jouer à toute heure face à des adversaires du monde entier. Cette présence numérique a plutôt renforcé la diversité des variantes disponibles qu'elle ne les a uniformisées, chaque plateforme proposant généralement plusieurs règles au choix : rami classique, règles traditionnelles, gin rami ou rami 51 selon les préférences des joueurs.
Questions fréquentes sur l'histoire du rami
Qui a inventé le rami ?
Le rami n'a pas d'inventeur unique identifié. Son ancêtre documenté le plus ancien, le Conquian, apparaît au Mexique et est décrit par écrit dès 1887, avant de donner naissance à de nombreuses variantes régionales au fil du XXe siècle.
Quelle est l'origine du mot « rami » ?
L'hypothèse la plus répandue relie le mot anglais « rummy » à « rum », un ancien argot signifiant « bizarre » ou « impair », en référence au but du jeu : se débarrasser des cartes qui ne s'intègrent à aucune combinaison.
Le gin rami est-il plus ancien que le rami classique ?
Non, l'inverse : le gin rami est une variante apparue en 1909, dérivée de jeux de rami déjà existants, eux-mêmes descendants du Conquian mexicain documenté dès la fin du XIXe siècle.
Quand le rami s'est-il implanté en France ?
Le rami s'installe durablement dans les foyers français à partir des années 1940 et 1950, avec le rami 51 comme variante de référence.
Le rami est-il toujours un jeu populaire aujourd'hui ?
Oui : le rami reste l'un des jeux de cartes les plus pratiqués au monde, et sa version en ligne, apparue dans les années 2010, a élargi son public en facilitant l'accès à ses différentes variantes.